La genèse des Labs

Patricia Ardillier a organisé les premiers laboratoires d’innovation sociale en France, à Lyon, les 13 janvier et 7 avril derniers, sur des campus lyonnais. Un nouveau Lab se prépare, en co-construction avec l’association Waoup Shaker, le 20 octobre prochain sur le Campus René Cassin, afin d’aborder les enjeux du sens dans l’éducation et les entreprises.

Michel Yahiel, conseiller social de François Hollande, la DIRECCTE, le MEDEF, La grande Loge de France, l’ANDRH, le GARF, le LAB RH, Waoup Shaker, la Fabrique Spinoza… Et des DRH de grands groupes comme Casino, Aoste, Fondation Adecco, la Française des jeux…

Patricia Ardillier et les équipes de la Fondation Humaninnov ont su convaincre un par un tous les partenaires de les accompagner dans cette révolution de l’innovation sociale en France. Et son ambition n’était pas seulement de composer une belle affiche. Le hackathon de la Fondation Humaninnov a rassemblé non seulement des développeurs et des designers, mais aussi des chômeurs, des étudiants, des professionnels de l’entreprise, des entrepreneurs et des startuppers. (Pour mémoire, un hackathon traditionnel rassemble uniquement des développeurs pour produire un prototype d’application en quelques heures et en équipe.)

 Son objectif : les faire plancher ensemble sur des problématiques d’orientation inter-générationnelle aussi ambitieuses que – Comment permettre plus de sens en entreprise ? – Quels outils pour réussir en terme de dialogue social, relations interprofessionnelles, quels espaces de travail ? – Comment créer des services innovants pour faciliter la l’inter-génération des demandeurs d’emploi et faciliter les ponts entre Éducation et entreprise ?.

Fille d’un “self-made man” Et d’une mère au foyer.
De son débit rapide, poussé par la kyrielle d’idées qui l’anime, celle qui veut « changer le monde » explique que l’un de ses moteurs est de « faire des ponts entre des gens qui ne se côtoient habituellement pas, et sont pourtant tous concernés par la même chose« . Pour cet événement, la « chose », c’est la difficulté à se projeter, à garder ou à reprendre la main sur sa vie professionnelle, et son parcours et le sens que vous souhaitez donner en entreprise. C’est en passant par un poste de DRH groupe dans une prestigieuse entreprise d’évènementiel, qu’elle a touché du doigt le mal-être au travail.

Diplômés en burn-out et décrocheurs
Autour d’elle, ses amis qui la porte depuis la création de son projet, souvent à la carrière fulgurante sont nombreux à expérimenter le « burn-out ». « Combien se préparent à une certaine vie pendant leurs études et n’y trouvent aucun sens et encore moins le bonheur une fois qu’ils bossent ? » questionne Patricia avant d’évoquer la centaine de milliers de « jeunes décrocheurs » qu’on comptabilise chaque année dans les universités et dans nos entreprises, à défaut de pouvoir penser un projet de vie avec eux.
Le verbe toujours pressé d’enthousiasme, Patricia évoque son souhait de redorer la France sur la scène internationale grâce à la valorisation du capital humain, à l’heure où plus que jamais le 2.0 nous force à la validation les actifs immatériels des entreprises, puis elle s’emporte et assure que « plus de digital impose plus d’humain ».

Philanthropie
C’est en créant la Fondation Humaninnov en 2014, que Patricia a commencé à trouver du « sens » dans son travail tout en continuant à creuser les mille questions qu’elle se pose sur le lien entre l’école et la vie professionnelle pour réduire le chômage en France.
Elle vit en direct, comme nous tous, l’impact du digital et affine sa vision de la nécessité de créer des ponts entre l’éducation, les entreprises et la société, en les réunissant autour d’ateliers d’innovation sociale, pour apporter des solutions concrètes en terme d’innovation sociale à notre pays.

A l’heure où notre pays est bloqué par la moindre innovation sur la loi travail, Patricia propose, avec la fondation Humaninnov, d’organiser une véritable vision partagée entre les Etudiants, les entreprises, les partenaires sociaux, sur des grands enjeux du 21ème siècle en matière d’éducation, de création, de nouveaux outils d’innovation par le capital humain, mais aussi de transformation culturelle nécessaire à la révolution digitale, face à une complexité constante.
En même temps, elle observe aussi l’émergence de nouveaux acteurs et estime que si le digital, qui révolutionne la société, peut abreuver l’individu d’informations, il recèle aussi de quoi mieux gérer l’employabilité des gens, notamment en les mettant en lien.

Sur sa route
Mettre les gens en lien, Patricia a réussi à le faire lors des 3 premiers Labs d’innovation sociale lancés en 2016 sur les campus de Lyon. Elle compte bientôt faire de même en essaimant le concept sur d’autres territoires en France et les revaloriser par l’introduction de Labs d’innovation sociale, comme ceux que porte la Fondation Humaninnov, A l’instar des clusters d’innovation digitale et technique.

Le mode d’emploi est simple : pour organiser la transformation culturelle de la France et faire bouger les lignes en matière d’innovation sociale, lorsque la Fondation Humaninnov débarque sur un territoire, elle conventionne un partenariat avec la DIRECCTE locale puis fédère les campus, les associations professionnelles, les citoyens et les institutions, pour les intégrer dans un Lab d’ideations, les impliquer et les responsabiliser à trouver de nouvelles solutions pour notre pays. Nous prônons la politique du petit pas, celle de dupliquer en matière d’innovation sociale, des principes scientifiques éprouvés : nous construisons une cellule, puis la dupliquons en une deuxième, une troisième et partageons, jusqu’à trouver la cellule souche d’innovation sociale pour nos entreprises…

En effet, le 20 octobre 2016, en co-construction avec le campus René Cassin et l’association Waoup Shaker, dont l’ambition est de révolutionner la création d’emplois par des innovation’s night, une nouvelle ère d’organisation naîtra – un thinkentrepreneur Lab – permettant de faire évoluer les grands enjeux de la société et de créer les services à offrir aux entreprises et universités pour y parvenir.

Pour conclure et nous faire prendre conscience de l’enjeu que porte la Fondation Humaninnov en terme de transformation culturelle : avant on répondait à « Comment je fais pour trouver ma place ? » Maintenant, on se demande : « Comment je fais mon chemin ? » résume Patricia.

Aujourd’hui à Lyon et Paris, demain dans de nombreux territoires en France…